ALLELUIA !  
Les premières lueurs ont tracé la courbe de ma terre et séparé mon corp de  
sa nuit.  Elles m'ont rappelé mon devoir et ma chance de vivre.  
Oh, bien sûr je ne suis pas compliqué, je ne sais même pas que vous  
existez, je ne sais même pas qu'autrefois ma plaine était mon océan.  
Mes rivières son plates et paresseuses, et même là où l'horizon descend  
elles n'accélèrent pas leur chemin.  
Ainsi en est de ma vie.  Je n'ai pas d'anxiété, ni de joies extrêmes - sauf  
au moment où je revis.  
ALLELUIA !  
Bientôt le soleil cru va fusiller mes yeux et ma journée va commencer dans  
les ombres longues du premier matin.  
Au bout de ma journée, fatigué de mon chemin incessant, je serai tourné  
vers l'occident et la lueur rouge qui annonce ma nuit.  
Mes bras se balanceront le long de mes hanches, couverts par la poussière  
pourpre du soir.  
Mon alléluia ne sera qu'un murmure.  
 
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